Les petites expressions mexicaines qui irritent les français

En septembre dernier, je suis retourné 3 semaines au Mexique pour une mission professionnelle. Même après avoir vécu près de 3 ans au Mexique, j’ai de nouveau eu à faire face à de petites incompréhensions avec mes amis et collègues mexicains. Rien de bien grave ! Mais parfois certaines expressions mexicaines peuvent finir par me désespérer. J’ai plusieurs fois eu l’occasion de partager cette discussion avec des français expatriés au Mexique, et nous sommes tous d’accord pour admettre que cela à tendance parfois à nous irriter.

Le problème est de comprendre ces non-dits mexicains. Cela nous aide à éviter de nous énerver pour un rien (oui, parce que nous les français on est assez doué pour ça…). Dans le cas contraire vous risquez bien de vivre les situations que je vais vous décrire plus bas.

Alors afin de vous préparer et de vous éviter de grosses surprises, je vous propose de vous présenter quelques expressions mexicaines que vous devriez apprendre à maîtriser rapidement si vous comptez vivre au Mexique. Ainsi vous ne pourrez pas me dire que je ne vous ai pas prévenu !

Des « oui » qui veulent dire « non »

Au Mexique, il est très commun que le mot « oui » signifie en réalité « non ». Il faut le savoir, les mexicains n’aiment pas dire « non ». Bien entendu c’est plus subtile que cela. Imaginez une situation des plus banale. Vous souhaitez invité un(e) ami(e) mexicain(e) à diner dans un restaurant. Vous pourriez très certainement vivre ce moment de solitude…

Scénario 1 : Invitation au restaurant

17h00 : vous prenez votre portable et contactez un(e) ami(e) mexicain(e)
Moi : On va manger au restaurant ce soir ? vers 08 pm ?
Votre ami(e) mexicain(e) : Oui

19h00 : vous êtes déjà apprêté(e), vous recontactez votre ami(e) mexicain(e) pour vous donner un lieu de rendez-vous
Moi : c’est toujours bon pour toi ? on se rejoint à 08 pm à la maison pour aller au restaurant ?
Votre ami(e) mexicain(e) : Oui

20h30 : vous commencez à avoir faim et vous décidez de commencer à vous diriger vers le restaurant
Moi : tu es en chemin ? on se rejoint direct au restaurant
Votre ami(e) mexicain(e) : Oui

21h00 : vous arrivez au restaurant et vous commandez
Moi : Je suis arrivé au restaurant, préviens moi quand tu arrives ?
Votre ami(e) mexicain(e) : Oui

22h00 : vous venez de vous faire servir, votre ami(e) mexicain(e) vient d’arriver et vous annonce :
Votre ami(e) mexicain(e) : J’ai déjà mangé avec ma mère et ma soeur, j’ai préparé une petite salade*, c’était trop bon ! *salade ? là vous êtes pris d’un gros doute par rapport à l’excuse de votre ami(e)… Vous en connaissez beaucoup vous de mexicain(e) qui mange de la salade ?!

Scénario 2 : Organisation d’un apéro

Bon pour celui–là je vous le fait bref. Tout d’abord il faut savoir que le concept d’apéro est très français et n’existe pas au Mexique. Mais qu’à cela ne tienne, vous ne voulez pas perdre vos bonnes habitudes et essayer d’initier vos amis mexicains à votre coutume. Vous invitez donc une dizaine d’amis mexicains à venir prendre l’apéro vers 19h.

A 22h personne ! Vous êtes seul(e) dans votre salon à attendre vos invités qui ne viendront pas. Vers 23h vous décidez d’aller vous coucher et au même moment, un de vos amis vous appel pour vous prévenir qu’il débarque chez vous avec 5 potes que vous ne connaissez pas…

THE SHOW MUST GO ON !
apero biere mexique
Un apéro qui risque de se finir seul… *attention l’abus d’alcool peut provoquer un sourire niais

Encore pire que le « oui » mexicain : le « peut-être »

Le « peut-être » est sûrement l’expression mexicaine la plus fourbe, car cela vous laisse encore un espoir. L’espoir que votre requête se concrétise, alors qu’il signifie tout simple : « peut-être pas » ou « non ». Alors fuyez les quizá, tal vez… et autre verbe conditionnel ! Cela ne présage rien de bien. Et là vous allez me dire « quelle différence avec le « oui » ? ». Bah, y’en a pas !

Scénario 3 : Excursion à la plage

Moi : Demain on va à la plage ?
Ami(e) mexicain(e) : ça serait cool ! On pourrait peut-être prendre ma voiture pour y aller ?!

Bon ce coup-ci votre ami(e) mexicain(e) ne vous a pas sorti le grand « oui ». L’espoir s’installe enfin. En plus votre ami(e) vous a proposé de vous emmener avec sa voiture. Génial ! Et là, le lendemain… à 15h… vous venez de tuer vos derniers espoirs d’aller vous baigner… vous rangez votre serviette et votre maillot de bain dans votre placard, en espérant que le week-end prochain vous pourrez enfin vous baigner dans cette eau turquoise.

Pour vous remonter le moral, vous décidez d’envoyer un SMS à vos amis mexicains demandant si certains sont disponibles pour un apéro dans la soirée. Je ne vous fais pas de dessin et je vous laisse relire le Scénario 2. Votre soirée risque d’être encore plus déprimante.

Plage Tulum Mexique
La plage dont vous avez rêvé toute la journée…

Et il faut ajouter à cela l’expression « à toute à l’heure »

Cette expressions mexicaines est surement ma préférée. Car quand vous croyez en avoir fini avec les « oui » et les « peut-être » mexicains, vous devez faire face au fameux « à toute à l’heure » (ahorita en espagnol). C’est surement la pire expression mexicaine que vous allez rencontrer. Quand vos amis français vous disent « à toute à l’heure », vous pensez qu’ils vont revenir dans un petit moment, dans une fourchette de 5 minutes à 5 heures.

Mais quand vos amis mexicains vous disent la même chose, ça donne plutôt « à dans 2-3 jour », voir « à dans une 1 semaine » ou bien « à jamais ».

J’arrive dans 5 minutes !

Mes conseils pour ne pas se prendre la tête

Bon à côté de ça les mexicains ont pleins de qualités. Il ne faut pas leur en vouloir, si ils n’aiment pas dire « non ». Au final moi non plus je n’aime pas dire « non », ça risquerai de me  fermer à des opportunités. Sur le coup on dit « oui » et après on réfléchira si ça sera « non ». Il faudra vous y habituer, les mexicains sont comme ça. Il faut juste en avoir conscience pour ne pas se faire avoir.

Alors je vais vous dispenser quelques conseils pour éviter de vous prendre la tête avec vos amis mexicains. Je ne veux pas faire de ces exemples une généralité, mais vous verrez, il y aura bien une fois où vous repenserez à ce que je viens de vous raconter.

  • Continuer à vivre votre vie et faites comme chez vous

Même si vous êtes l’hôte de la soirée, continuez à vivre votre vie comme si de rien n’était. C’est peut être le conseil le plus compliqué à appliquer. Mais imaginez, vous êtes chez vous. Vous avez invité une dizaine de personne à manger. Continuer votre vie, les tâches que vous étiez en train de faire, même celles que vous aviez prévu de faire.

Vous voulez faire une séance de sport, une session ménage, allez-y ! Ne vous en faite pas pour vos invités. De toute façon si vous n’êtes pas prêt lorsqu’ils arrivent, vous pourrez toujours leur dire « un moment, j’arrive ! ». Et je vous le promet, ils ne se vexeront pas !

  • Ne dépendez pas de vos amis mexicains

Vous avez une folle envie d’aller à plage, d’organiser une excursion. Faite-le, mais ne comptez pas sur vos amis mexicains. Si ils viennent tant mieux ! Si ils ne sont pas là ou arrivent trop en retard, tant pis pour eux.

  • Poser la question au moins 3 fois

J’appelle cela la « triangulation ». J’utilise énormément cette technique lorsque je réalise des études socio-économiques. Je ne prend jamais la première réponse pour la bonne. Il suffit de reposer la même question d’une façon différente afin d’essayer de comprendre le vrai sens de la réponse.

Par exemple :

  • Question 1 : Tu viens au restaurant avec nous demain soir ?
  • Question 2 : Tu as quelque chose de prévu demain soir ?
  • Question 3 : Tu veux manger quoi de particulier demain au restaurant ?

Et là en fonction des réponses vous devrez vous faire une idée de sa réponse.

Avez-vous vécu ce genre d’incompréhension dans un autre pays ?

Auteur de l'article
Jonathan
Je suis passionné de nature, de voyage et de photographie. À travers ce blog, je souhaite partagez mes expériences de voyage à travers le Monde. Entrepreneur depuis plus de 3 ans, je m'intéresse de très près à l'entrepreneuriat social et aux nouvelles initiatives solidaires.

Commentaires

7 Commentaires
  1. posté par
    Antonio
    Avr 11, 2017 Reply

    bonjour! Je suis mexicain et élève de l’école francaise à Mexico. Ce que je pense, moi, des francais c’est qu’ils s’énervent toujours sans raison . En fait j’ai une amie qui est heureux et soudain elle est énervée au bout de 3 minutes, comment est-ce posssible cela? Y a-t-il une raison loqgique?
    En plus je crois que vous n’aimez pas le sarcasme haha
    salut

  2. posté par
    Jennine
    Jan 5, 2015 Reply

    moi je suis mexicaine qui habite en franque et je trouve que les français sont asses changeants quand il dissent oui, c’est un oui qui change tout le temps, oui ça vaut dire on va voir vraiment, j’ai un petit ami français qui change d avis tout le temps, et ne pas juste lui, pour le travail que je fais, je dois retrouver des familles et c’est comme, oui et après, non. Je crois que les françaises sont volubiles, les mexicains on dit oui pour amabilité et pour ne pas rendre déçu aux gens, mais les françaises dissent oui et non juste pour caprice. Ils s’énervent très vite et pour des choses qui n ont pas une vrai importance.

    • posté par
      Jonathan
      Jan 5, 2015 Reply

      Bonjour Jennine et bienvenue sur le blog,

      Merci pour ton commentaire, il est effectivement très intéressant de voir comment les mexicains perçoivent les français 🙂

      Je suis tout à fait d’accord avec toi à ce point. Cet article et là pour soulever les problèmes de compréhension que rencontrent souvent les français lorsqu’il voyage au Mexique. Comme tu le montres, nos deux cultures sont assez différentes, et je suis tout à fait d’accord avec toi, notre principal défaut à nous français, c’est de s’énerver pour un rien… 🙁

      Peut-être que le problème vient de là au final ? Nous sommes sûrement trop capricieux et pas assez conscient de la vrai importance des choses

  3. posté par
    Ben
    Oct 19, 2014 Reply

    Ma fille de 6 ans a justement eu ce problème, elle invite les petites voisines à jouer le soir, les voisines répondent oui mais ne viennent pas deux fois sur trois. On a fini par comprendre que c’était purement culturel, ici la signification du « oui » est plus proche du souhait que de la certitude.

    • posté par
      Jonathan
      Oct 20, 2014 Reply

      Bienvenue sur le blog Ben !
      Effectivement ! Le « oui » oublie souvent de mentionner le « quand » (ahorita). On comprend que c’est culturel dès lors que les enfants appliquent aussi le même comportement.

  4. posté par
    Astrid
    Oct 6, 2014 Reply

    Ha ha ha je connaissais le « Oui » Asiatique. Mais pas le Mexicains 😀

    • posté par
      Jonathan
      Oct 6, 2014 Reply

      Claro que si !
      C’est vrai que l’Asie est aussi connue pour ça et me semble être encore plus frustrant.

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