Izamal – la surprenante « ville jaune » du Yucatán

Un jour, alors que j’admirais les photos d’un photographe mexicain, j’ai été saisi par une magnifique bâtisse jaune sur fond de ciel bleu. De ce surprenant contraste se dégageait un bâtiment de style colonial : le couvent de San Antonio de Padua à Izamal. C’est ainsi que j’ai découvert cette petite ville du Yucatán, que nous avons inscrit sur l’itinéraire de notre road-trip. Izamal, nous a tout de suite conquise et nous a mené de surprises en surprises lors de notre visite. Découvrez les trésors cachés de cette charmante ville coloniale.

Izamal est une petite ville de style coloniale, perdue au milieu de la forêt sèche du Yucatán. Située entre Valladolid et Mérida, la route pour accéder à cette ville est loin d’être toute tracée. Il faut connaître pour y aller, difficile de la découvrir par hasard. Pourtant Izamal est un incontournable de la Péninsule du Yucatán. Toutes de jaune vêtues, les façades des maisons coloniales lui donnent un style singulier. Ce jaune représente la couleur du maïs, hommage à la culture des mayas.

Les maisons et leurs façades dorées égaies les rues, pourtant si vous vous y fiez bien, la plupart sont abandonnées. Il suffit de passer la tête par les fenêtres et vous vous rendrez compte qu’une mini forêt est en train d’y pousser, éclairée par la lumière provenant des toits effondrés. Un lieu idéal pour les amateurs d’urbex. Ce phénomène est aussi visible à Valladolid et Mérida, ou encore dans les centres des villages de la Ruta Puuc. Très souvent les vieilles bâtissent coloniales sont délaissées. Seuls quelques étrangers réinvestissent ces vieilles pierres pour les restaurer en de merveilleuses demeures ou en commerce.

Au final, nous avons l’impression que Izamal n’est qu’un décor. Qu’en poussant fort l’un de ces murs, nous risquons de tout faire effondrer. Pourtant un des monuments tient encore bien debout, c’est le couvent de San Antonio de Padua.

Le couvent de San Antonio de Padua

couvent izamal
Panorama du Couvent de San Antonio de Padua

J’ai vécu près de 3 ans dans la région et pourtant je n’avais jamais vraiment entendu parler d’Izamal, alors que son couvent est un monument impressionnant et tout simplement magnifique. Le jaune de sa principale façade doit contraster fortement avec le ciel bleu. Oui, je dis « doit » car nous avons eu la chance de l’observer sous un ciel gris entre deux averses de pluie fine.

Son monastère à l’atrium le plus grand après celui du Vatican. Tout comme pour la Basilique Notre-Dame de la Guadalupe à México City, cela montre encore la ferveur qu’ont mis les espagnols et les franciscains à coloniser le Mexique. Le Pape Jean-Paul II est même venu visiter Izamal lors de son pèlerinage en 1993.

Nous entrons dans le couvent par la grille principale. Le large escalier nous mène sur l’esplanade principale du couvent. De nouveau, nous sommes plongés dans un décor étonnant. Nous continuons notre visite à l’intérieur du couvent. L’édifice est effectivement gigantesque et ce jaune nous saisis. Le ciel gris n’enlève rien à la magie du lieu.

Il en a fallu des pierres pour construire ce gigantesque édifice. Justement parlant de ça, un habitant s’approche de nous et nous propose de nous montrer des ruines mayas, en plein cœur de la ville. Quoi ? Des ruines en pleine ville ? Mais je n’ai jamais entendu parler de ça ? Définitivement Izamal n’a pas fini ne nous surprendre. Depuis le couvent, nous essayons d’entrevoir ces fameuses ruines. Rien. Serait-ce 2-3 pierres qui se battent en duel, vestige d’une ruine qui a fini en attrape touriste ?

Les ruines d’Izamal

Non, rien de tout cela. Accompagnés de notre « guide », nous parcourons les ruelles colorées d’Izamal et au bout de 500 mètres nous arrivons effectivement devant une grille et un panneau qui présente la ruine de Kinch Kak Mo, dédiée au Dieu Soleil Maya. L’entrée de ce site est gratuit et se présente plus comme un parc qu’un site archéologique. De nouveau l’étonnante Izamal nous dévoile ses trésors cachés.

Les ruines de Kinch Kak Mo sont indescriptibles. Elles ne ressemblent à aucune autre ruines mayas de la Péninsule du Yucatán. Ne vous fiez pas à son apparence. Les ruines de Kinch Kak Mo sont les plus grandes de tout le Mexique. Quoi ? Le style se rapproche effectivement plus des ruines aztèques de Teotihuacán près de México City ou Monte Alban à Oaxaca. La base de la pyramide couvre 0,5 km².

izamal
Vue sur Izamal et son couvent depuis le sommet des ruines de Kinch Kak Mo

Nous commençons l’ascension de la pyramide. Une fois arrivée en haut nous profitons d’une vue imprenable sur Izamal, son couvent et la forêt qui l’entoure. Un panorama à 360° dans le décor plat du Yucatán. Nous écoutons attentivement les indications d’un guide local qui affirme la présence de 4 ruines à l’intérieur de la ville. Effectivement nous voyons une autre colline de l’autre côté de la rue d’accès à la ruine, nous comprenons qu’il s’agit d’une autre ruine encore sous la végétation. Peut-être l’acropole de Popol Chac.

Nous comprenons surtout qu’il y avait une pyramide encore plus grande, dont les pierres ont servit à la construction du couvent de San Antonio de Padua. Ok, décidément, en plus d’être une charmante ville coloniale, Izamal était aussi une importante cité pour les mayas.

Izamal, « Pueblo Magico » du Mexique

Vraiment Izamal aura été l’un de nos coup de cœur lors de notre road-trip dans la Péninsule du Yucatán. Nous sommes allés de surprises en surprises lors de notre visite de la « ville jaune ». Nous ne pensions même pas découvrir des ruines maya en plein cœur d’une ville. Nous ne regrettons pas de l’avoir inscrite sur l’itinéraire de notre road-trip. Ce n’est pas pour rien que Izamal est classée « Pueblo Magico » au Mexique.

Il est temps pour nous de reprendre la route vers Mérida pour y passer la nuit. Nous traversons de grandes cultures d’agaves, figées sous un ciel de plomb et adoucis par les lumières de la fin de journée. Nous prenons un instant à imaginer les grandes haciendas de culture de henequen qui ont modifié à tout jamais les paysages et la culture du Yucatán. Un métissage, qui rend le Mexique si riche culturellement. Izamal en est un exemple d’autant plus fort.

hacienda henequen yucatan
Hacienda de production de henequen dans le Yucatán

Connaissiez-vous Izamal ? Est-ce que cet article vous a donné envie de visiter cette petite ville coloniale du Yucatán ?

Auteur de l'article
Jonathan
Je suis passionné de nature, de voyage et de photographie. À travers ce blog, je souhaite partagez mes expériences de voyage à travers le Monde. Entrepreneur depuis plus de 3 ans, je m'intéresse de très près à l'entrepreneuriat social et aux nouvelles initiatives solidaires.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Rejoignez-nous sur Instagram

Découvrez nos plus belles photos de voyage